VISITE DE L’ATELIER TISSAGE

« Les fiches d’inventaire et les photographies ont été réalisées par Sébastien LAMY-AU-ROUSSEAU, chargé de mission, dans le cadre de l’inventaire PATSTEC (PATrimoine Scientifique et TEchnique Contemporain). Ce projet est coordonné au niveau régional par le museum Henri Lecoq de Clermont-Ferrand et au niveau national par le musée des Arts et Métiers de Paris. »

Métier basse lisse

 

 

photos Musée La Fabrique 052

L’ancêtre des métiers à tisser arrive dans la région avant 1580 »

Description

Cet appareil se compose d’une nappe de fils horizontaux constituant la chaîne et enroulées autour d’un cylindre à l’arrière.

Des dispositifs verticaux sont constitués de paires de planches en bois entre lesquels sont tendus des fils appelés lisses. Au milieu de ces lisses se trouvent des oeillets dans lesquels passent les fils de chaîne. Le passementier avait toujours sur lui la passette pour faire passer les fils dans les oeillets ainsi qu’une paire de ciseaux pour couper ces fils.

Les fils de chaîne sont alors prisonniers dans les oeillets et peuvent être levés ou abaissés grâce aux planches qui sont elles-mêmes entraînées par un mécanisme de leviers et de poulies par l’intermédiaire des pieds qui appuient sur deux pédales.

Les fils de chaîne étant alternativement écartés, cela crée une ouverture, appelée « foule », entre eux pour insérer le fil de trame relié à une navette. Le fil de trame vient croiser le fil de chaîne, c’est-à-dire qu’il se place à la perpendiculaire. Pour serrer l’ensemble, on rabat le peigne ou « battant » dont les stries sont en métal alors qu’à l’époque ils devaient être en bois, comme toute le reste du métier.

 

Utilisation

Ce métier basse lisse a été utilisé dans la région dans les fermes autour de Sainte-Sigolène dès 1580.

Le passementier se tenait assis les pieds sur les pédales . Il tenait la navette à la main et lui faisait effectuer des mouvements de va-et-vient entre les fils de chaîne. Ainsi, le fil de trame de la navette formait avec le fil de chaîne une croisure.

Le métier basse lisse était utilisé pour la passementerie et la rubanerie.

On ne pouvait fabriquer qu’une seule pièce à fois.

 

 

 

 

Métier tambour

photos Musée La Fabrique 128

 

Construit à Sainte-Sigolène en 1900 par des artisans sigolénois (menuisier, mécanicien, battandier).

C’est le métier traditionnel à fabriquer les rubans et ensuite les tissus élastiques qui permit à plus de 3000 sigolénois de vivre de leur travail pendant plus d’un siècle.

2000 métiers au pays entre 1900 et 1914. »

 

Description

Cet appareil se compose à l’arrière d’un ensemble de chevilles coniques où sont placés des billots en bois autour desquels sont enroulés les fils de chaîne. Ceux-ci sont déroulés et s’appuient sur la partie supérieure du métier sur des baguettes en verre afin d’éviter l’usure. Les fils sont tendus par des masses en plomb qui pendent grâce à des poulies. Quand il y a besoin de plus de fils, on enlève le billot et on laisse descendre la masse.

Par la suite, les fils de chaîne sont acheminés dans la partie inférieure, toujours contre des baguettes en verre, et passent à travers des oeillets placés sur de fines tiges métalliques verticales appelées lisses. Elles sont placées entre deux planches de bois qui effectuent des mouvements verticaux de va-et-vient de la manière suivante.

Sur la partie supérieure se trouve la raquette composée d’un carton avec des trous et un système d’aiguilles. Chaque fois qu’il y a un trou, un ressort pousse une aiguille qui rentre dans le trou. Elle emmène avec elle un crochet muni d’une boucle. Il est alors pris par un couteau qui lève et qui descend. Ce système permet de déplacer et de faire croiser les planches.

Les planches entraînent une partie des fils de chaîne vers le haut et une autre partie vers le bas. C’est dans cette ouverture que vont se déplacer les navettes pour faire passer le fil de trame. Il y a ici environ 24 navettes placées sur le battant. Ce dernier se déplace d’avant en arrière pour tasser les fils constituant les rubans.

 

Utilisation

Ce type de métier était utilisé pour la fabrication de rubans et ensuite pour les tissus élastiques, ce qui permit à plus de 3000 sigolénois de vivre de leur travail pendant très longtemps

Entre 1900 et 1914, 2000 métiers se trouvaient sur la commune de Sainte Sigolène.

Le travail était effectué à domicile avec à l’étage la salle ( FABRIQUE ) où se trouvait le métier et au rez-de-chaussée le lieu d’habitation. Les donneurs d’ouvrage de Lyon ou de Saint Etienne, qui rassemblaient les commandes de rubans, donnaient leurs ordres aux commis. Ceux-ci, au nombre d’une dizaine, donnaient le travail à effectuer aux passementiers. Ces derniers pouvaient refuser si la largeur du ruban dépassait les capacités de leur métier. Les commis fournissaient la matière première aux passementiers qui travaillaient dans leur fabrique . Avant de confectionner les rubans, ils mettaient environ une semaine pour installer les fils.

Ce métier pouvait être actionné « à la barre » comme tous les métiers avant 1902, date de l’arrivée de l’électricité. La personne donnait un mouvement circulaire à la barre horizontale placée à l’avant pour faire fonctionner le métier. Ici, les brasses ont été coupées et c’est un moteur électrique qui, par l’intermédiaire d’une courroie, fait fonctionner l’ensemble.

Le système de cartons perforés permettait de programmer à l’avance le type d’armures que l’on veut avoir pour le ruban. Les trous sont situés sur une seule ligne.

 

 

 

 

 

Métier « CANUT » Sainte Colombe 1955

 

photos Musée La Fabrique 161

 

« Métier ‘CANUT’ Sainte Colombe crée en 1955

4 navettes à changement automatique

Commande du dessin et des navettes par une ratière à papier Staubli »

 

Mécanisme appelé « tâteur » : une petite tige pénètre dans un trou de la navette lorsqu’il n’y a plus  assez de fil et commande l’arrêt de la machine.

 

Description

Cet appareil se compose à l’arrière d’un cylindre autour duquel sont enroulés les fils de chaîne. Ceux-ci traversent chacun un oeillet situé le long de fines tiges métalliques verticales appelées lisses. Elles sont placées entre deux planches de bois qui effectuent des mouvements verticaux de va-et-vient à l’aide d’un dispositif appelé « ratière ». Il existe plusieurs séries de planches. La ratière  est constituée d’un système d’aiguilles associé à des feuilles de papier perforées. Chaque fois qu’il y a un trou, un ressort pousse une aiguille qui rentre dans le trou. Elle emmène avec elle une tige qui est alors prise par un couteau qui donne un mouvement de tirage . Ce système permet de déplacer et de faire croiser les différentes planches. Lorsqu’une partie des fils est tirée vers le haut et qu’une autre partie des fils est tirée vers le bas, une navette passe dans l’ouverture et déroule le fil de trame. La navette est propulsée par la frappe d’un bras de levier.

Un chargeur, disposé à une extrémité, permet de stocker jusqu’à six navettes. Lorsque celle qui est en fonctionnement est vide, un mécanisme arrête le fonctionnement du métier et assure le remplacement automatique de la navette.

Chaque fil de chaîne à l’arrière possède une lamelle. Si le fil casse, la lamelle tombe et effectue un contact électrique, ce qui enclenche l’arrêt du métier.

L’enroulage du tissu s’effectue directement sur un cylindre en bois.

 

Utilisation

Ce métier était utilisé par les passementiers de Sainte-Sigolène après 1955 pour la fabrication de tissus jusqu’à des largeurs assez élevées.

Le métier fonctionne jusqu’à 4 couleurs . Le chargeur permettait d’avoir une réserve de navettes qui étaient changées automatiquement.

 

 

 

 

Métier « CANUT » Pick-Pick

 

photos Musée La Fabrique 194

 

 

« Métier ‘CANUT’ Pick-Pick

Construit en 1930 par la société de Mulhouse avec mouvement Fumat et mécanique Verdol »

 

Les câbles qui sortent de la mécanique Jacquard sont appelés « collets » et sont fixés ici chacun à trois fils qui vont servir à la confection des trois écharpes à l’identique.

Cet appareil est en fait composé de 2 parties :

Mouvement Fumat : mécanique qui fait fonctionner les boites a navettes (1 mouvement de chaque cotè)

Mécanique Verdol : mécanique Jacquard sur la partie supérieure ( fabrication par Verdol )

 

Description

Cet appareil se compose à l’arrière d’un cylindre autour duquel sont enroulés les fils de chaîne. Ceux-ci traversent chacun un oeillet situé le long de fines tiges métalliques verticales appelées lisses. Elles sont placées entre deux planches de bois. Chaque lisse peut se lever individuellement et ainsi élever le fil de chaîne correspondant.

Sur la partie supérieure est placée une mécanique Jacquard de marque verdol qui permet de lever chaque lisse individuellement à l’aide de feuilles perforées et d’un système d’aiguilles. Lorsque la feuille perforée vient s’appuyer contre les aiguilles, ces dernières vont venir buter contre le papier. Certaines aiguilles pénètrent dans les trous. Cette action commande le déplacement de crochets. Au final, lorsque les couteaux se relèvent, seuls les crochets demandés par les trous sont emmenés ce qui a pour effet de lever les lisses. Une particularité de ce métier est que chaque aiguille est reliée à trois lisses, ce qui permet de confectionner par exemple ici trois écharpes en même temps. En effet, trois séries de fils de chaîne auront le même mouvement.

Ce métier possède quatre boîtes pour les navettes des deux côtés et qui sont en mouvement permanent. La navette va être frappée deux fois du même côté puis va être frappée de nouveau deux fois de l’autre côté pour la circulation du fil de trame.

Du moment que les boîtes sont en mouvement permanent, il faut toujours qu’au moment du départ d’une navette, il y ait une boîte vide de l’autre côté pour la réceptionner.

 

Utilisation

Ce métier était utilisé pour la confection des tissus Jacquard, comme les écharpes, par les passementiers de Sainte-Sigolène après 1930.

 

 

Machine à tresser les lacets 1880

 

 

photos Musée La Fabrique 220

 

Métier bois de 1880

En 1920, Pétrus FAYARD introduisit les métiers à tresse qui continuent encore leur production dans les Etablissements CAMUS.

 

Description

Cet appareil se compose d’une série de bobines placées dans des petits plateaux circulaires munis  d’encoches. Ils sont mis en rotation sur eux-mêmes et sont disposés suivant un cercle. Les bobines vont se déplacer de plateau en plateau en changeant d’encoches. Les bobines effectuent des tours complets sans changer de sens.

Les bobines possèdent un axe qui se prolonge dans la partie inférieure. Cet axe est orienté dans son déplacement par deux mécanismes appelés « la patte d’oie » et « la poupée ». Ce sont des pièces de bois qui maintiennent ou poussent les axes. Ils permettent aux bobines de changer de plateaux et de se placer dans les encoches.

A l’intérieur d’une pompe support de la bobine se trouve un lestage. Le fil passe à travers un premier anneau qui, en se levant, permet la rotation du cylindre en libérant des crans. Le fil passe à travers un deuxième anneau terminée par une tige à l’intérieur de la pompe. Cette tige est lestée avec la même masse si bien que le résultat est régulier. Au centre de l’appareil, les fils tressés forment un tube. Il est possible d’y insérer une âme, c’est-à-dire un remplissage.

L’appareil est actionné ici par une manivelle manuellement.

 

Utilisation

Cet appareil était utilisé par les passementiers pour habiller une âme cylindrique avec des fils tressés.

Il est possible de fabriquer par exemple des lacets ronds, ou encore de la corde d’alpiniste de différents diamètres à partir de plusieurs tresses ,des sandows .